|
 |
|
2006-2008
Cette collection a pour but de parler de vie, plus précisément de traces de vies laissées sur des supports inanimés. Il s’agit de vestiges de gestes banals sur des matériaux qui au premier abord paraissent communs, voire obsolètes.
Sortir une porte, un poteau ou une benne à ordures de son contexte au point qu’on en oublie presque sa forme initiale, permet de sublimer son aspect et son vécu, d’en faire ressortir à la fois la dimension visible et invisible. Les espaces publics sont remplis d’éléments urbains implantés depuis si longtemps qu’ils n’ont pu échapper aux effets du temps et aux nombreux assauts des passants. Les couleurs s’altèrent et les diverses traces se superposent, tout en se fondant dans le paysage. C’est en sortant ces objets du paysage dont ils font partie, en leur portant un regard plus ciblé, rapproché et exclusif que leur aspect véritablement esthétique se dégage. L’idée est de cadrer de façon à éliminer la fonction et l’environnement du matériau, afin que l’attention ne soit plus portée sur ce dernier dans sa globalité mais sur ses couleurs qui rejaillissent, ainsi que sur le côté graphique de l’entremêlement des traces.
L’intérêt est aussi d’aller au-delà de ce que l’on voit. Comme un ethnologue, ces traces révèlent certains comportements spécifiques aux groupes humains. La trace d’une action parfois anodine donne envie d’être répétée plusieurs fois, toujours au même endroit. Une empreinte de coup de pied ouvre la brèche et invite à en laisser d’autres. Une preuve d’amour donne l’impulsion nécessaire à en ajouter une nouvelle. Différents sentiments sont abordés. Il peut s’agir d’une volonté de s’affirmer, de travailler, de faire de la propagande, ou tout simplement de se défouler. Cette série ne représente donc pas seulement une accumulation de traces, mais une accumulation d’histoires gravées souvent malgré elles. Quels que soient les auteurs des traces et les sujets traités, il n’y a pas de hiérarchie culturelle ou sociale qui en ressort. Faites pour durer, pour être éphémères, de façon impulsive, réfléchie, elles finissent toutes par être à titre égal des manifestations figées de vies en société
|
|
  |